Ce blog est conçu pour s'afficher aussi bien sur un écran informatique que sur tablette ou smartphone. Il est «mobile ready» et «multi-devices».
10 Décembre 2012
/http%3A%2F%2Fwww.lamontagne.fr%2FphotoSRC%2Fbq1SUelNbWelbDCxbBjzfRMlEk0idrKIebrWVSMVgfq8f_p0HkyGO6biia076OQl6VTcz5L970tkHFBgX3JrMZlHFBdTzjXGcNLPP6P5r_%2F933120.jpeg)
Il faisait des parties de "cache-cache" pour que son fils retrouve son arme
Des sanctions automatiques et en rafale «On n'est pas aux États-Unis. On n'a pas la même culture. Les armes, on n'en veut pas ». Le procureur René Pagis « a particulièrement horreur » des pistolets et autres mitraillettes. « On le voit bien dans certains pays occidentaux. Plus il y en a en circulation, plus il y a de faits divers liés à cela ». Les dangers de la détention d'armes, ont été illustrés, jeudi, par deux affaires bien différentes, jugées par le tribunal de Clermont-Ferrand. Avec un seul point commun : rétrospectivement, elles font froid dans le dos. 1 Il vide son chargeur dans la nature. Neuville est un petit village puydômois tranquille. Jusqu'à cet été. Le 17 août, une rafale se fait entendre dans le bourg. Les habitants pensent d'abord que des jeunes s'amusent avec des pétards. Mais quelques jours plus tard, les gendarmes débarquent. La rumeur fait vite le tour de l'ensemble des habitants, avant d'être confirmée. Un couple a retrouvé une balle dans sa cuisine. Une vitre et un store ont été détruits. Le tir venait de l'extérieur. Quelques jours passent. Puis un homme se présente à la gendarmerie, muni d'une arme automatique. Il a pris connaissance de l'histoire qui courrait à Neuville. Le tireur, c'est lui. Jugé, jeudi, par le tribunal de Clermont-Ferrand, le prévenu de 41 ans explique qu'il avait trouvé l'arme, un Stein de 9 millimètres, dans son grenier, il y a 12 ans. Il l'a gardée, parce qu'elle faisait « partie de l'histoire de la maison ». « C'est une arme qui a servi en 39-45 », explique son avocate, M e Josette Dupoux. Il tire « vers l'horizon » Le quadragénaire avait même développé un jeu avec son fils, visiblement très intéressé par le pistolet. Il cachait l'arme, son fils la retrouvait, puis le père changeait de planque. Une drôle de partie de « cache-cache » qui; pour le représentant du parquet, démontre que le prévenu « était sensiblement inconscient, imprudent, voire dangereux ». Le reste de l'affaire est à l'avenant. Pour diminuer le danger que représente l'arme, le père décide de se séparer des munitions. Mais à Neuville, le tri sélectif n'a pas prévu de bac dédié aux armes et cartouches. Le prévenu choisit de vider le pistolet. « Vers l'horizon », précise-t-il. Manque de chance le flingue lui échappe au moment du tir. « Ça, c'est les Stein, ça part tout seul, décrypte René Pagis. Les militaires le savent bien, c'est quelque chose d'extrêmement dangereux, d'assez incontrôlable ». Heureusement, le tir ne fait aucun blessé. « Il aurait pu y avoir des enfants », sermonne la présidente Nadine Valiergue. Et le couple qui a retrouvé la balle dans sa cuisine aurait pu être présent à son domicile. À 545 mètres, quand même du lieu du tir. Le prévenu écope de 1.000 € d'amende. Il aurait pu neutraliser l'arme et la garder, souligne le parquet. « A posteriori, ça paraît évident », convient M e Dupoux. 2 Petit trafic entre amis. La seconde affaire est une histoire d'un tout autre calibre. Trois hommes de 61, 51 et 42 ans sont poursuivis pour détention et vente d'arme. Il s'agit d'un pistolet 7.65 automatique, avec sept cartouches. Le plus jeune des prévenus a servi d'intermédiaire entre les deux autres. L'ultime acheteur « était un homme terrorisé », explique son avocate, M e Françoise Lafond. Il est poursuivi par les Lyonnais et les Stéphanois ». L'arme a d'ailleurs été saisie chez lui dans le cadre d'une affaire de stups. Les enquêteurs ont remonté la piste, via l'intermédiaire, jusqu'au vendeur principal. Surprise : c'est un gendarme à la retraite. L'arme lui a été « donnée », alors qu'il était en fonction, en 1996, par un chasseur, qui venait déclarer ses fusils. « Vous receviez des cadeaux des justiciables, l'interroge le parquet ? Et si cette arme avait servi à tuer quelqu'un ? ». « J'ignorais que c'était pour la revendre, jure l'ex-militaire. J'ai manqué de discernement ». Le tribunal le condamne à 1.000 € d'amende. L'intermédiaire récolte trois mois avec sursis, et le dernier maillon de la chaîne, absent de l'audience, de trois mois ferme. « Les absents ont toujours tort », commente son avocate. Sébastien Duboissebastien.dubois@centrefrance.com